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BULLETIN #0611-C
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Matthew Brady

(416) 943-4621

mbrady@mfda.ca

BULLETIN #0611-C

21 Juillet 2014

Conformité

Aux fins de distribution aux personnes intéressées de votre société

Document de travail de l’ACFM sur l’utilisation de questionnaires de l’investisseur

Le processus de connaissance du client est l’une des obligations les plus fondamentales aux termes de la législation sur les valeurs mobilières et l’un des éléments les plus importants de la protection des investisseurs. Certains membres de l’ACFM ont adopté des questionnaires de l’investisseur pour aplanir les difficultés liées au processus de connaissance du client, tandis que plusieurs autres ont manifesté un intérêt à appliquer une stratégie reposant sur un questionnaire à l’avenir.

Afin de fournir des conseils supplémentaires à ce sujet à ses membres, l’ACFM a élaboré un document de travail sur l’utilisation de questionnaires de l’investisseur (intitulé « Améliorer le processus de connaissance du client »). Le document de travail comprend un questionnaire de l’investisseur modèle présenté à l’annexe A. L’utilisation de ces documents n’est pas obligatoire. Comme il est mentionné, ils sont fournis à titre d’information pour aider les membres qui souhaitent employer des questionnaires dans le cadre de leur processus de collecte de renseignements « Connaître son client ». L’ACFM diffusera également une webémission à l’intention de ses membres sur le document de travail et le questionnaire modèle.

Les membres qui aimeraient adopter un questionnaire dans le cadre de leur processus de connaissance du client, notamment le questionnaire modèle suggéré dans le document de travail, sont invités à discuter de leur projet avec leur directeur de la conformité de l’ACFM respectif avant de le mettre en œuvre.

Améliorer Le Processus De Connaissance Du Client

DOCUMENT DE TRAVAIL SUR L’UTILISATION DE QUESTIONNAIRES DE L’INVESTISSEUR

Table des matières

  1. INTRODUCTION
  2. PRINCIPES GÉNÉRAUX
  3. CONCEPTION D’UN QUESTIONNAIRE
    1. Types de questions. 2
    2. Caractéristiques des questions judicieuses. 4
    3. Examen de tous les éléments de la connaissance du client dans le cadre du processus
      de convenance au client. 5
    4. Profils de l’investisseur. 5
    5. Identification des clients très prudents. 6
  4. ÉLÉMENTS À PRENDRE EN COMPTE POUR LA MISE EN œuvre
    1. Identification des divergences et résolution des problèmes
    2. Renseignements supplémentaires sur le client
    3. Mise à jour des renseignements sur le client et réitération du questionnaire
    4. Intégration au système de post-marché
    5. Application des réponses du questionnaire à des stratégies de placement particulières
    6. Création et surveillance des portefeuilles
    7. Rééquilibrage
    8. Surveillance quotidienne
    9. Formation
  5. AVANTAGES ET LIMITES
  6. CONSEILS SUPPLÉMENTAIRES
  1. BIBLIOGRAPHIE
  2. Questionnaire de l’investisseur modèle

I. INTRODUCTION

Le processus de connaissance du client est l’une des obligations les plus fondamentales aux termes de la législation sur les valeurs mobilières et l’un des éléments les plus importants de la protection des investisseurs. Ce processus peut cependant présenter des difficultés tant pour les clients que pour les personnes autorisées. Les investisseurs ne comprennent pas toujours la terminologie du secteur utilisée sur les formulaires de renseignements « Connaître son client », et les recherches révèlent que de nombreux investisseurs ne comprennent pas la relation entre le risque et le rendement.[1],[2]  Les personnes autorisées doivent faire participer les clients au processus de connaissance du client tout en étant conscients que ceux-ci viennent de milieux très différents et qu’ils n’ont pas le même niveau d’éducation ni le même degré d’ouverture lorsque vient le temps d’aborder leur situation financière personnelle et leur attitude envers le risque.

Certains membres ont adopté des questionnaires sur le profil de l’investisseur ou sur le profil de risque (les « questionnaires de l’investisseur ») pour aplanir les difficultés liées au processus de connaissance du client, tandis que plusieurs autres ont manifesté un intérêt à appliquer une stratégie reposant sur un questionnaire à l’avenir. De plus, plusieurs organismes de placement collectif fournissent des questionnaires qui sont utilisés pour leurs solutions de portefeuille de placement.

Évaluer la tolérance au risque est une tâche complexe qui fait en sorte que l’établissement de profils de risque n’est pas une science exacte. Néanmoins, un questionnaire bien conçu peut être très utile dans le processus de connaissance du client. Lorsque les questionnaires de l’investisseur sont utilisés convenablement dans le cadre du processus de connaissance du client et de convenance au client, ils peuvent contribuer à fournir une structure, à promouvoir la cohérence et à faciliter le dialogue entre une personne autorisée et un client au sujet des besoins en placement de ce dernier, de sa capacité à supporter les pertes et de son attitude envers le risque.

L’emploi d’un questionnaire ou d’un outil similaire représente une partie seulement de l’ensemble du processus de connaissance du client et n’est que le début d’une conversation substantielle entre le client et la personne autorisée. Un questionnaire peut être un excellent point de départ pour des entretiens plus poussés sur les buts du client, les risques liés aux produits et les attentes réalistes en matière de rendement des placements. C’est à ce moment que l’expérience et les connaissances d’une personne autorisée peuvent ajouter une valeur réelle pour les clients.

Les objectifs du présent document consistent à présenter les observations du personnel de l’ACFM sur un sujet intéressant de nombreux membres ainsi qu’à encourager les échanges et la réflexion sur la manière dont les questionnaires de l’investisseur peuvent servir à améliorer le processus de connaissance du client pour les investisseurs, les personnes autorisées et les membres.

II. PRINCIPES GÉNÉRAUX

Bien que la structure, les questions et le système de pointage des questionnaires diffèrent, on observe plusieurs principes généraux dans ceux qui sont bien conçus. Un questionnaire de l’investisseur efficace et le processus s’y rapportant devraient :

  • aider les clients à comprendre le processus de connaissance du client et à y participer;
  • présenter des questions, des descriptions et des illustrations qui sont claires, exemptes de jargon technique, qui n’induisent pas en erreur et qui distinguent réellement les niveaux de risque;
  • comprendre des étapes visant à valider les données et à résoudre les divergences et contradictions possibles dans les réponses aux questions;
  • identifier les clients qui devraient placer leur argent dans des dépôts en espèces, des fonds du marché monétaire ou des certificats de placement garanti (« CPG ») parce qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le risque de perdre leur capital;
  • faciliter et améliorer le dialogue d’une personne autorisée avec ses clients plutôt que de remplacer cet échange.

III. CONCEPTION D’UN QUESTIONNAIRE

A. Types de questions

Les questions d’un questionnaire de l’investisseur peuvent être regroupées de façon générale en certains types :

  1. les buts de l’investisseur et ses préférences pour la croissance par rapport au revenu;
  2. le choix d’un compromis entre le risque et le rendement parmi un ensemble de combinaisons possibles;
  3. le niveau d’anxiété ressenti après avoir pris une décision de placement – par exemple, la réaction de l’investisseur après la baisse de la valeur d’un placement;
  4. les renseignements démographiques comme l’âge de l’investisseur;
  5. la situation financière de l’investisseur;
  6. l’horizon temporel de placement de l’investisseur;
  7. la connaissance des placements de l’investisseur.

Les trois premiers types de questions permettent d’évaluer la volonté de l’investisseur à encourir des risques (attitude face au risque), tandis que les trois types suivants mesurent la capacité de l’investisseur à assumer les risques (propension au risque).[3] La volonté de l’investisseur à prendre des risques est plus subjective et dépend de son expérience passée ainsi que de sa compréhension des risques financiers et des compromis entre le risque et le rendement. En revanche, la propension au risque considère le niveau de risque qu’un investisseur peut se permettre de prendre, lequel peut être évalué plus objectivement, en prenant en considération des facteurs tels que le revenu et la valeur nette de l’investisseur. L’attitude face au risque et la propension au risque sont des contraintes distinctes et, par conséquent, le profil de risque ou la tolérance au risque d’un investisseur devrait refléter le seuil le plus bas de la volonté de ce dernier à prendre des risques et sa capacité à supporter les baisses de la valeur de son portefeuille.

Certains questionnaires considèrent uniquement la volonté de l’investisseur à accepter les risques sans tenir compte suffisamment de sa faculté à les assumer. Bien que l’attitude face au risque soit un élément important, la convenance ne concerne pas seulement la formulation de recommandations de placement qui dénotent cette attitude.[4] Par conséquent, le questionnaire devrait porter à la fois sur l’attitude face au risque et sur la propension au risque. À titre indicatif, un modèle de questionnaire qui illustre une stratégie réunissant les deux est présenté à l’annexe A. 

Attitude face au risque

Plusieurs des divers aspects de l’attitude face au risque peuvent être évalués dans un questionnaire.

Tolérance au risque – Certaines personnes possèdent des caractéristiques psychologiques qui leur permettent de prendre de grands risques. [5] Elles considèrent souvent le risque comme une « occasion » au lieu de mettre l’accent sur la possibilité de perte. Les questions qui portent sur la tolérance au risque d’un individu comportent souvent un choix parmi divers scénarios de compromis entre le risque et le rendement ou demandent simplement au client d’indiquer son degré de tolérance au risque.

Choix du placement – Les préférences pour divers types de placement sont également un moyen d’évaluer l’attitude face au risque, par exemple, la sécurité d’un compte d’épargne comparativement au rapport risque/rendement d’un placement sur le marché boursier. Toutefois, il est important que les questions de ce genre évitent le jargon financier pour que les clients comprennent les questions posées.

Aversion au risque – Les questions sur l’aversion au risque permettent de déterminer si une personne se concentre sur les pertes ou sur les gains ou demandent jusqu’à quel point la valeur des placements d’une personne peut diminuer avant qu’elle commence à se sentir inconfortable. Les recherches indiquent que les questions sur l’aversion au risque devraient être utilisées pour établir la préférence d’un client concernant la répartition des avoirs de son portefeuille et qu’une évaluation adéquate de l’aversion au risque est indispensable pour savoir si les clients sont en mesure de maintenir la répartition de l’actif après un repli du marché boursier.[6]

Regret et anxiété – Les personnes qui sont particulièrement sujettes aux regrets et à l’anxiété ont tendance à prendre des décisions qui ne suscitent pas ces émotions. Dans le cadre d’un placement, elles seront plus à l’aise avec un choix de placements prudents. Les questions qui mesurent les regrets et l’anxiété visent habituellement à évaluer la réaction d’un client après la baisse d’un placement.

Propension au risque

Parmi les renseignements pouvant être recueillis sur un questionnaire pour connaître la capacité d’un client à assumer les risques l’on trouve les renseignements financiers comme le montant des actifs et des dettes que le client a accumulés, son revenu annuel et des renseignements sur la stabilité de son revenu.

Établir le pourcentage d’un certain placement du client par rapport à l’ensemble de ses placements est un autre moyen valable d’évaluer la propension au risque et la faculté d’assumer les pertes. Pour mesurer la propension au risque, on trouve également dans certains questionnaires des questions sur le nombre de personnes à charge du client et sur l’existence ou l’absence d’un fonds d’urgence.

L’âge peut également être un élément important dans l’évaluation de la capacité d’un client à résister aux pertes. Les clients plus jeunes dont l’horizon temporel de placement est long disposent de plus de temps pour recouvrer les pertes et ils pourraient donc les assumer plus aisément. L’âge peut aussi avoir une incidence sur la volonté du client à prendre des risques comme nous l’avons vu précédemment. Même si la tolérance au risque des clients plus âgés est variée et peut aller de très prudente à très élevée, la tolérance au risque diminue généralement avec l’âge.

Une étude et analyse de la tolérance personnelle aux risques financiers a révélé que les individus âgés de plus de 60 ans étaient les moins tolérants face au risque de tous les sous-groupes fondés sur l’âge et qu’ils affichaient également très peu d’écarts dans les pointages.[7] Un sondage réalisé par l’AARP et l’ACLI a affirmé que les retraités ont la plus grande aversion aux pertes.[8]

B. Caractéristiques des questions judicieuses

Les questions présentées sur un questionnaire de l’investisseur devraient faire l’objet d’un examen pour s’assurer qu’elles soient facilement comprises et qu’elles permettent de distinguer les personnes ayant des niveaux variés de tolérance au risque. Elles devraient être claires, ne pas être rédigées dans un langage complexe, ni utiliser le jargon financier. Les questions comportant des pourcentages de taux de rendement peuvent parfois poser problème à certains investisseurs.[9]

Les recherches indiquent que la représentation graphique de questions augmente les chances qu’un investisseur comprenne les choix hypothétiques et qu’il donne une réponse qui se rapproche plus de sa véritable tolérance au risque.[10] La présentation des gains et des pertes hypothétiques associés à divers choix de placements sous forme de graphiques ou en dollars, en plus des pourcentages, augmente la probabilité qu’un investisseur comprenne les choix qui lui sont offerts.

Lorsqu’il y a des montants en dollars dans les questions, ceux-ci devraient être pertinents et significatifs pour l’investisseur. Plusieurs questions dans le questionnaire modèle de l’annexe A utilisent un montant de 10 000 $ comme placement hypothétique. Toutefois, quand les clients ont des actifs considérables, l’exemple d’un montant de 10 000 $ n’est peut-être pas assez éloquent et la personne autorisée devrait demander au client de répondre à la question à l’aide de chiffres qui sont plus appropriés. Ainsi, il conviendrait de multiplier les 10 000 $ par 10 pour supposer un placement de 100 000 $, puis de multiplier la valeur pécuniaire des gains et des pertes en conséquence.

Pour ce qui est du nombre de questions à poser, on considère en général qu’un questionnaire utile devrait comprendre des questions multiples qui portent sur divers éléments de la tolérance au risque, comme il est décrit ci-dessus au paragraphe A de la partie III. Moins il y a de questions, plus la probabilité de faire une évaluation inexacte est grande. Toutefois, on a également souligné l’importance de se rappeler que le questionnaire ne doit pas être trop long.[11] S’il a une longueur excessive, les répondants peuvent se fatiguer et devenir moins participatifs. Il convient donc de trouver un juste équilibre pour que le questionnaire permette de faire une évaluation multidimensionnelle adéquate et qu’il soit rempli dans un temps limité et raisonnable.

C.     Examen de tous les éléments de la connaissance du client dans le cadre du processus de convenance au client

Un bon processus de connaissance du client et de convenance au client exige que les membres et les personnes autorisées obtiennent des renseignements sur la volonté et la capacité d’un client à accepter les risques, ses objectifs de placement, sa connaissance des placements et son horizon de placement et qu’ils examinent chacune de ces données pour formuler des recommandations de placement appropriées. Les questionnaires mal conçus regroupent les renseignements sur différents facteurs de sorte que la valeur de chaque donnée distincte est perdue ou n’est pas suffisamment prise en compte. Une mauvaise conception peut entraîner une pondération ou un nombre de points qui placent les clients dans un profil de risque plus audacieux que celui indiqué par leurs réponses se rapportant directement à leur tolérance au risque. Les membres et les personnes autorisées devraient être en mesure de démontrer comment une recommandation ou une opération convient à un client donné compte tenu de chacune des composantes de l’évaluation de la convenance du placement.

Un questionnaire modèle qui illustre la méthode consistant à recueillir et à analyser chacun des éléments de la connaissance du client dans un questionnaire est présenté à l’annexe A du présent document. Ce modèle représente une approche possible que les membres pourraient adopter. Toutefois, il en existe de nombreuses autres qui pourraient soutenir les mêmes principes que ceux décrits dans le présent document.  

Si un membre décide d’utiliser un questionnaire dans le cadre de son processus de connaissance du client, notamment en prenant le modèle suggéré, il est invité à discuter de son projet avec le personnel de l’ACFM avant de le mettre en œuvre.

D.    Profils de l’investisseur

Dans la plupart des cas, les données provenant d’un questionnaire servent à classer les clients dans un ou plusieurs profils de l’investisseur ou dans une ou plusieurs catégories de risque. On prendra soin de s’assurer que les profils sont clairement définis et suffisamment différenciés. Il convient aussi de réfléchir attentivement au nombre de catégories qui seront offertes. S’il n’y en a pas assez, des écarts importants pourraient survenir entre le profil de risque des diverses catégories. Par exemple, si les différences sont grandes dans la proportion pouvant être investie dans des actions pour des catégories de risque consécutives, le décalage entre les niveaux de risque encourus sera important.

La description des catégories doit être présentée de manière à ce que le niveau de risque soit explicite et non trompeur et expliquer clairement la composition prévue des portefeuilles de placement pour chaque profil d’investisseur ou chaque catégorie de risque. Les graphiques circulaires sont un bon moyen d’illustrer les répartitions de l’actif cibles ou les portefeuilles modèles. La description du profil de l’investisseur ou de la catégorie de risque devrait être passée en revue avec le client pour confirmer que ses objectifs et sa tolérance au risque ont été évalués correctement.

Les répartitions de l’actif modèles de l’annexe A sont présentées à titre indicatif et ont été élaborées par suite d’un examen des modèles de portefeuille existants dans le secteur. Outre l’établissement de la répartition de l’actif des portefeuilles, le risque lié aux portefeuilles doit également concorder avec les profils de l’investisseur. Le risque lié à un portefeuille devrait être calculé selon la méthodologie des risques en vigueur dans le secteur applicable aux fonds communs de placement et être surveillé périodiquement. Lorsqu’ils établissent les répartitions de l’actif, les membres devraient pouvoir démontrer aux autorités de réglementation et autres intervenants qu’elles conviennent à chacun des profils.

E. Identification des clients très prudents

Les questionnaires bien conçus permettent de cibler efficacement les clients qui devraient placer leur argent uniquement dans des comptes d’épargne, des fonds du marché monétaire ou des CPG. Le principal élément d’un questionnaire efficace vise à cerner les clients qui ne veulent pas exposer leur capital à des risques et qui devraient alors envisager seulement des produits de placement sécuritaires. Pour ce faire, certains membres ont intégré à leur questionnaire une procédure selon laquelle si un client répond à une des questions sur l’attitude face au risque en indiquant qu’il n’est pas prêt à prendre de risque, les questions prennent fin et il se voit attribuer par défaut le profil « très prudent » ou « sécurité ».

IV. ÉLÉMENTS À PRENDRE EN COMPTE POUR LA MISE EN œuvre

A. Identification des divergences et résolution des problèmes

Lorsqu’un questionnaire est utilisé, une étape essentielle du processus consiste à valider les données et à relever les divergences ou les contradictions dans les réponses. Un questionnaire bien conçu comprendra normalement plusieurs questions qui mesurent la volonté de l’investisseur à prendre des risques et qui, par conséquent, aident à confirmer les réponses du client et à diminuer la probabilité d’une mauvaise évaluation. Les réponses contradictoires devraient être examinées en détail avec le client pour vérifier si elles n’ont pas été mal interprétées et pour réduire davantage le risque d’une évaluation inexacte. Par exemple, si un client répond à une question sur l’attitude face au risque en précisant qu’il est prêt à prendre des risques considérables et qu’il répond ensuite à une autre question en affirmant qu’il est très réticent à prendre des risques, cette contradiction doit être éclaircie avec lui.

Dans d’autres situations, il arrive souvent que les besoins d’un client soient en opposition avec le niveau de risque qu’il est désireux et en mesure de prendre. Dans ces circonstances, la personne autorisée devrait discuter de ce problème en détail avec le client. Les clients peuvent avoir des attentes irréalistes, comme s’attendre à obtenir un rendement élevé en prenant très peu de risques. Le désir de satisfaire les attentes irréalistes peut inciter les clients ayant une tolérance au risque faible à investir dans des produits comportant un risque élevé, ce qui peut avoir des conséquences négatives importantes tant sur le client que sur la personne autorisée. Un entretien détaillé sur la relation entre le risque et le rendement est primordial pour établir des attentes réalistes.

Les personnes autorisées ne doivent pas ignorer le risque qu’un client est en mesure et désireux de prendre parce que ses besoins ou ses attentes en matière de rendement ne peuvent pas être satisfaits par le choix de réponses ou le profil associé aux réponses qu’il a fournies sur le questionnaire. La personne autorisée devrait relever les discordances entre les objectifs du client, sa tolérance au risque et sa capacité à assumer les pertes. Les questions qui sont conflictuelles devraient alors être revues avec le client. Lorsque les buts ou les objectifs de rendement d’un client ne peuvent pas être atteints sans prendre plus de risques qu’il est en mesure ou désireux de prendre, des solutions de rechange devraient lui être clairement expliquées, comme épargner davantage, dépenser moins ou prendre sa retraite plus tard. Lorsqu’après l’entretien, il s’avère que le client n’a pas la capacité ou la tolérance voulue pour supporter les pertes éventuelles et la volatilité associée à un portefeuille à haut risque, la personne autorisée devrait lui expliquer que ses besoins ou ses attentes en matière de rendement élevé ne peuvent être satisfaits de manière réaliste.

B. Renseignements supplémentaires sur le client

Un formulaire de renseignements « Connaître son client » distinct qui permet d’obtenir la tolérance au risque, la connaissance des placements, les objectifs de placement et l’horizon de placement ne devrait pas être nécessaire si ces renseignements sont obtenus de manière adéquate du questionnaire lui-même. Toutefois, d’autres renseignements qui ne sont pas généralement recueillis sur un questionnaire doivent quand même être obtenus s’ils sont requis en vertu des exigences de l’ACFM et d’autres règlements applicables. Ces renseignements sont habituellement inscrits sur le formulaire d’ouverture de compte (« FOC ») et comprennent :

  • l’adresse et les coordonnées du client;
  • les renseignements sur l’emploi;
  • la date de naissance;
  • le nombre de personnes à charge;
  • les renseignements pertinents sur le cotitulaire d’un compte;
  • les autres personnes détenant une autorisation d’opérations à l’égard du compte;
  • les autres personnes ayant un intérêt financier dans le compte.

Outre les renseignements qui sont expressément recueillis sur le FOC et sur le questionnaire, d’autres sujets pertinents pourraient être abordés au cours du processus de connaissance du client. Un questionnaire devrait faire partie d’un entretien plus étendu avec le client au sujet de sa situation personnelle et de ses objectifs de placement généraux et peut comprendre l’examen d’une situation particulière du client (divorce, maladie grave, perte d’un emploi) et de ses objectifs de placement (pour financer l’éducation d’un enfant ou acheter une maison). Dans le cas des investisseurs âgés en particulier, il conviendrait d’examiner d’autres éléments comme les sources de revenus du client, ses projets de logement et les frais élevés de soins de santé.

C. Mise à jour des renseignements sur le client et réitération du questionnaire

Selon les sources de référence, on recommande de faire remplir un nouveau questionnaire par le client tous les deux ou trois ans afin de comprendre adéquatement sa tolérance actuelle envers les risques financiers. [12] De plus, le questionnaire devrait être rempli de nouveau lorsqu’il se produit un changement important dans la situation financière du client ou après un événement dramatique comme le décès du conjoint ou un divorce. Les conseillers pourraient aussi obtenir un nouveau questionnaire en cas de changements notables des conditions du marché ou si les clients s’inquiètent de la valeur de leur compte de placement. Le processus de réitération du questionnaire à quelques années d’intervalle et lorsqu’il se produit des événements importants peut être utile non seulement pour déterminer si l’attitude du client envers le risque ou sa capacité à supporter les pertes a changé, mais aussi pour l’aider à rester fidèle à ses objectifs financiers et à respecter son plan d’investissement à long terme en dépit de la volatilité du marché.

D. Intégration au système de post-marché

Un élément clé de la mise en œuvre d’un questionnaire consiste à déterminer comment celui-ci s’intégrera au système de post-marché du membre. Dans la plupart des cas, quand les membres ont établi un questionnaire, la mise en œuvre de celui-ci a nécessité des modifications à leur système de post-marché.

Le système de post-marché devrait être capable d’enregistrer les réponses et les renseignements fournis sur le questionnaire, car ces réponses constituent des renseignements « Connaître son client », notamment la tolérance au risque, les objectifs de placement et l’horizon de placement.

Un questionnaire sera plus efficace s’il est pleinement intégré au système de post-marché. Une intégration totale à ce système peut comprendre des contrôles automatisés, un système de pointage, des validations et le signalement de divergences dans les réponses. Par exemple, certains membres ont mis en œuvre une procédure valable en automatisant leurs questionnaires pour que ceux‑ci :

  • signalent les réponses conflictuelles et invitent alors la personne autorisée à appeler le client pour clarifier ses réponses;
  • identifient les clients qui devraient placer leur argent dans des dépôts en espèces ou des CPG à l’aide de contrôles automatisés qui attribuent par défaut aux clients un profil « très prudent » ou « sécurité » quand ceux-ci répondent à certaines questions de manière très conservatrice ou indiquent une réticence à prendre des risques;
  • soient pleinement intégrés à leur système de post-marché afin de renforcer l’efficacité de leurs activités de surveillance.

Une vérification des contrôles et de la fonctionnalité du système devrait aussi être faite avant la mise en œuvre du questionnaire pour s’assurer que les données sont saisies correctement et que les points sont calculés avec exactitude et pour valider les vérifications ou contrôles logiques automatisés.

E. Application des réponses du questionnaire à des stratégies de placement particulières

Certaines stratégies de placement, notamment les emprunts aux fins d’investissement et les placements dans des titres dispensés exigent une surveillance et un examen accrus. Les renseignements supplémentaires qui ne figurent pas habituellement sur la plupart des questionnaires (notamment sur le modèle joint au présent document) doivent être obtenus et évalués pour recommander ces stratégies, y compris des détails et des chiffres précis concernant les actifs financiers du client, sa valeur nette, son revenu annuel et ses obligations mensuelles pour le loyer et les dettes.

De plus, le membre devrait élaborer une procédure qui traite expressément de la manière dont les réponses à certaines questions seront utilisées pour évaluer la convenance au client. Certaines questions, comme celles portant sur l’horizon de placement, peuvent se rapporter directement aux critères de surveillance de l’effet de levier du membre, tandis que d’autres poseront des problèmes supplémentaires et exigeront d’autres lignes directrices et procédures internes.

Par exemple, si un membre prend le questionnaire modèle suggéré, il peut décider que seuls les investisseurs ayant plus de 25 points pour l’attitude face au risque pourraient se voir offrir une stratégie à effet de levier. Il pourrait décréter en outre que les clients qui redoutent le plus les risques en réponse à une des questions dans la section sur l’attitude face au risque ne sont pas de bons candidats pour une telle stratégie.

F. Création et surveillance des portefeuilles

Habituellement, le questionnaire de l’investisseur est utilisé conjointement avec une méthode qui attribue aux clients un certain profil de l’investisseur et qui leur associe ensuite des portefeuilles modèles préétablis. Les membres qui appliquent cette méthode doivent pouvoir démontrer à l’aide d’une analyse statistique que les portefeuilles préétablis conviennent aux clients de chaque catégorie. Les membres ont souvent recours aux services d’un gestionnaire de portefeuille inscrit pour créer des portefeuilles modèles et les surveiller.

Nous avons relevé de nombreuses méthodes pour créer des portefeuilles modèles préétablis pour les profils de l’investisseur, notamment les solutions de fonds unique, un éventail de portefeuilles de fonds particuliers ou la possibilité de faire un choix à partir d’une liste de fonds précis représentant diverses catégories d’actifs.

La méthode qui permet aux conseillers de sélectionner un fonds à partir d’une vaste catégorie d’actifs présente le plus de difficultés du point de vue de la surveillance et exige normalement que le membre établisse divers scénarios pessimistes avec les fonds très volatils de groupes ou de catégories d’actif particuliers. De plus, les limites de la répartition de l’actif doivent en général être plus conservatrices aux termes de cette structure pour s’assurer que les diverses combinaisons de fonds donnent un portefeuille approprié pour une certaine tolérance au risque ou un profil de l’investisseur donné.

Les portefeuilles modèles devraient faire l’objet d’une évaluation continue pour que leur volatilité demeure raisonnable selon les catégories de risque en question.

G. Rééquilibrage

Quand on peut établir des portefeuilles modèles ou des objectifs de répartition de l’actif à partir d’un questionnaire, il est raisonnable d’avoir une procédure visant à rééquilibrer périodiquement les comptes des clients en fonction de la répartition cible. Les membres devraient cependant étudier la manière dont ils effectueront ce rééquilibrage, en se rappelant que les opérations discrétionnaires ne sont pas autorisées en vertu des Règles de l’ACFM. La procédure du membre ne devrait pas donc pas entraîner d’opérations interdites. Les Règles de l’ACFM stipulent que les instructions des clients doivent être obtenues pour toutes les opérations.

H. Surveillance quotidienne

Les surveillants jouent un rôle vital pour s’assurer que les questionnaires soient dûment remplis et que les placements des clients conviennent à ceux-ci. Comme c’est le cas avec l’établissement de tout document « Connaître son client », les surveillants devraient examiner les formulaires pour confirmer que tous les renseignements demandés ont été fournis et que les clients ont daté et signé les formulaires. Les surveillants devraient également passer en revue le questionnaire pour y relever toute contradiction ou divergence dans les réponses, tel qu’il est mentionné au paragraphe A de la partie IV, et vérifier qu’une documentation claire a été conservée pour étayer la manière dont les divergences ont été corrigées.

Le type de questionnaire et le système de pointage choisis détermineront également la procédure de surveillance requise. Ainsi, si un système de pointage a été instauré, un surveillant devrait revoir le calcul des points. Lorsqu’un tableau ou une matrice sont utilisés pour établir le profil de risque des investisseurs (comme dans le questionnaire modèle présenté à l’annexe A), un contrôle devrait être effectué pour s’assurer que les réponses ont été reportées convenablement dans ce tableau ou cette matrice et que la bonne catégorie de profil de risque a été attribuée au client. Cette étape revêt une importance cruciale. Les questionnaires électroniques assortis de contrôles et de calculs automatisés peuvent réduire la charge de travail des surveillants, atténuer considérablement ou éliminer le risque d’obtenir des calculs erronés et s’assurer que les réponses soient reportées correctement.

I. Formation

La mise en œuvre réussie d’une nouvelle méthode dépend de la qualité de la formation donnée aux personnes autorisées et au personnel de surveillance. Avant d’adopter un questionnaire de l’investisseur, une formation détaillée devrait être prévue pour expliquer la méthodologie et les attentes des personnes autorisées et des surveillants lorsqu’ils utiliseront le questionnaire.

Une formation insuffisante peut entraîner divers problèmes, notamment les suivants :

  • des réponses incohérentes ou contradictoires de la part des clients sans preuve d’un suivi ou d’un entretien plus poussé;
  • des erreurs de calcul;
  • des questionnaires mal remplis, notamment des questions sans réponse ou ayant de multiples réponses.

La formation des personnes autorisées devrait porter principalement sur la manière de remplir le questionnaire avec les clients et être axée sur l’objet des questions, sur la manière de faire participer les clients et de les guider au cours du processus et sur les entretiens qui devraient avoir lieu avec les clients lorsque des divergences sont relevées. La personne autorisée devrait aussi bien comprendre comment les réponses des clients conduisent au profil de risque et au portefeuille de placement recommandés. La formation des surveillants différera selon le type de questionnaire adopté et si le processus est manuel ou électronique; toutefois, elle devrait comprendre une procédure permettant d’en examiner le caractère raisonnable et la cohérence.

V. AVANTAGES ET LIMITES

Il existe de nombreuses méthodes de collecte des renseignements « Connaître son client » et d’évaluation de la tolérance au risque qui sont efficaces et conformes aux exigences réglementaires. Le questionnaire de l’investisseur est seulement un exemple d’un moyen raisonnable visant à satisfaire l’obligation de connaissance du client. Toutefois, lorsque l’approche du questionnaire est mise en œuvre correctement, elle procure des avantages appréciables aux investisseurs, aux membres et aux personnes autorisées, notamment les aider à formuler des recommandations de placement appropriées.

Avec un questionnaire, la méthode de collecte des renseignements « Connaître son client » et d’évaluation de la tolérance au risque est structurée et cohérente. L’utilisation d’un format de questionnaire structuré plutôt qu’un format d’entrevue non structuré ou structuré partiellement augmente les chances de faire une évaluation exacte de la tolérance au risque.[13]

De plus, un questionnaire de l’investisseur permet d’illustrer la relation entre le risque et le rendement, et la formulation de recommandations de placement appropriées devient un processus plus transparent et facilement compris par les clients. Quand les risques relatifs aux produits de placement et le compromis entre le risque et le rendement sont bien compris par les clients, cela permet d’avoir une compréhension commune et peut se traduire par des attentes réalistes en matière de rendement de la part des clients.

L’évaluation exacte de la tolérance au risque d’un client n’est pas seulement essentielle pour satisfaire les obligations réglementaires, mais elle offre aussi des avantages supplémentaires. Le rendement de l’investisseur sera souvent inférieur s’il a tendance à retirer son argent après un repli boursier et, inversement, s’il investit plus après une embellie boursière. Cependant, la prestation de conseils financiers peut jouer un rôle déterminant dans l’affermissement du rendement de placement à long terme et pour aider les investisseurs à éviter les achats et ventes inopportuns sur le marché. Des études canadiennes et internationales ont révélé l’importance des conseils financiers. Elles ont démontré que les clients qui ont recours aux services d’un conseiller financier économisent plus, accumulent plus d’avoirs et respectent mieux leurs décisions de placement à long terme malgré la volatilité du marché que ceux qui ne consultent pas un conseiller financier. [14],[15] Une bonne évaluation de la tolérance au risque est indispensable pour élaborer des recommandations de placement appropriées et une répartition de l’actif que les investisseurs seront plus enclins à respecter pendant les fluctuations du marché, évitant ainsi les achats et ventes effectués au mauvais moment sur le marché.

L’utilisation de questionnaires de l’investisseur comporte des avantages, mais elle a aussi des limites. D’abord, les résultats des questionnaires ne devraient pas servir à remplacer un dialogue entre une personne autorisée et son client. Le questionnaire devrait plutôt soutenir ce dialogue et permettre une analyse approfondie des buts du client, de ses préférences en matière de placement et de la relation risque/rendement.

De plus, même un bon questionnaire peut occasionnellement produire des résultats erronés. Ceux-ci devraient toujours être revus avec le client pour qu’il confirme (ou non) le profil de l’investisseur généré. Cet entretien peut, en tant que sous-produit, conduire à une meilleure compréhension du client.

En dernier lieu, bien que le modèle présenté à l’annexe A contienne un exemple de questionnaire et une description de profils d’investisseur modèles, le membre devrait personnaliser tout questionnaire et les profils d’investisseurs en découlant pour tenir compte des choix de placements qu’il offre. 

VI. CONSEILS SUPPLÉMENTAIRES

Comme il est mentionné dans l’introduction, l’objet du présent document consiste à favoriser les échanges sur un sujet intéressant de nombreux membres. Le personnel de l’ACFM a travaillé étroitement avec les sociétés membres qui ont adopté des questionnaires de l’investisseur et a prodigué des conseils tout au long du processus de mise en application. Par conséquent, si un membre envisage d’utiliser un questionnaire ou apporte par ailleurs des modifications importantes à sa méthode de collecte des renseignements « Connaître son client » ou d’évaluation de la convenance au client, il devrait discuter de sa proposition avec le personnel de l’ACFM avant de la mettre à exécution afin d’obtenir des conseils précis à ce sujet.

BIBLIOGRAPHIE

  • [1] Autorités canadiennes en valeurs mobilières et Innovative Research Group. Indice ACVM des investisseurs 2012.
  • [2] Investor Education Fund et The Brondesbury Group. Benchmarking Financial Knowledge, 2012.
  • [3] Cordell. « Risk Tolerance in Two Dimensions », Journal of Financial Planning, 2002.
  • [4] Financial Services Authority. Assessing Suitability: Establishing the risk a customer is willing and able to take and making a suitable investment selection, 2011.
  • [5] Carducci et Wong. « Type A and Risk Taking in Everyday Money Matters », Journal of Business and Psychology, 1998.
  • [6] Guillamette, Finke et Gilliam. « Risk Tolerance Questions to Best Determine Client Portfolio Allocation Preferences », Journal of Financial Planning, 2010.
  • [7] Hallahan, Faff et McKenzie. « An Empirical Investigation of Personal Financial Risk Tolerance », Financial Services Review, 2004.
  • [8] aarp et American Council of Life Insurers. What Now? How Retirees Manage Money to Make it Last Through Retirement, 2007.
  • [9] Roszkowski, Davey et Grable. « Insights from Psychology and Psychometrics on Measuring Risk Tolerance », Journal of Financial Planning, 2005.
  • [10] Hanna et Lindamood, « An Improved Measure of Risk Aversion », Financial Counseling and Planning, 2004.
  • [11] Grable et Lytton. « Financial Risk Tolerance Revisited: The Development of a Risk Assessment Instrument », Financial Services Review, 1999.
  • [12] Callan et Johnson. « Some Guidelines for Financial Planners in Measuring and Advising Clients About Their Level of Risk Tolerance », Journal of Personal Finance, 2003.
  •  [13] Ibid.
  • [14] L’Institut des Fonds d’investissement du Canada. La valeur des conseils : rapport, 2012.
  • [15] Winchester, Huston et Finke. « Investor Prudence and the Role of Financial Advice », Journal of Financial Service Professionals, 2011.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

  • Bailey et Kinerson. « Regret Avoidance and Risk Tolerance », Financial Counseling and Planning, 2005.
  • Friesen et Sapp. « Mutual Fund Flows and Investor Returns: An Empirical Examination of Fund Investor Timing Ability », Journal of Banking and Finance, 2007.
  • Hanna, Waller et Finke. « The Concept of Risk Tolerance in Personal Financial Planning », Journal of Personal Finance, 2008.
  • Kasten et Kasten. « The Impact of Aging on Retirement Income Decision Making », Journal of Financial Planning, 2011.
  • Rozkowski et Grable. « Estimating Risk Tolerance: The Degree of Accuracy and the Paramorphic Representations of the Estimate », Financial Counseling and Planning, 2005.

Le questionnaire et les profils de l’investisseur modèles sont présentés à titre indicatif seulement. Un questionnaire ou un document similaire ne représente qu’une partie de l’ensemble du processus de connaissance du client. Tout questionnaire et les profils de l’investisseur s’y rapportant devraient être personnalisés selon la plateforme de placement du courtier et les produits qu’il offre. Aucun renseignement figurant dans les questions ou les profils de l’investisseur modèles ne constitue un conseil en placement particulier ou général ni ne doit être utilisé à cette fin. Lorsqu’ils établissent les répartitions de l’actif, les membres devraient pouvoir démontrer aux autorités de réglementation et autres intervenants qu’elles conviennent à chacun des profils.

Annexe A

Questionnaire de l’investisseur modèle

Horizon temporel de placement : La durée de l’horizon temporel de votre placement a une incidence sur les types de placements qui pourraient vous convenir. Les investisseurs ayant un horizon de placement de plus de trois ans font preuve d’une plus grande souplesse dans la création d’un portefeuille (bien que la tolérance au risque et les objectifs de placement doivent également être pris en compte). Si votre horizon de placement est très court, des placements plus conservateurs comme les CPG et les fonds du marché monétaire pourraient être les seules options vous convenant.

  1. Quand envisagez-vous d’avoir besoin de retirer une partie importante (le tiers ou plus) de l’argent investi dans votre portefeuille de placement ?
    1. Moins de 1 an
    2. 1 à 3 ans
    3. 4 à 6 ans
    4. 7 à 9 ans
    5. 10 ans ou plus

Connaissance des placements : Si vous avez de solides connaissances en matière de placement, vous comprenez bien le risque relatif des divers types de placements et savez que le niveau de risque pris est lié au rendement potentiel. Si vos connaissances en matière de placement et de marché financier sont limitées, les stratégies et les placements spéculatifs et à haut risque ne sont probablement pas des options qui vous conviennent.

  1. Lequel des énoncés suivants décrit le mieux vos connaissances en matière de placement ?
    1. Mes connaissances des placements et des marchés financiers sont limitées.
    2. Je possède certaines connaissances des placements et des marchés financiers.
    3. Je possède de solides connaissances des placements; je comprends les différents produits de placement et je suis l’évolution des marchés financiers de près.

Objectifs de placement : Les objectifs de placement représentent le but ou le résultat que vous voulez atteindre grâce à vos placements. La compréhension de vos objectifs de placement permet de déterminer les types de placement qui sont les mieux adaptés à vos besoins. Les produits de placement utilisés pour atteindre différents objectifs comportent des niveaux de risque et un rendement potentiel variés.

Objectifs de placement

  1. Quel est votre but principal pour ce portefeuille :
    1. Je veux mettre l’argent que j’ai investi à l’abri des pertes à court terme ou que cet argent soit rapidement accessible pour des besoins à court terme. (Sécurité – Les placements qui répondent à cet objectif comprennent les CPG et les fonds du marché monétaire)
    2. Je veux obtenir un revenu régulier de mes placements et l’augmentation de la valeur de mes placements n’est pas prioritaire. (Revenu – Les placements qui répondent à cet objectif comprennent les placements à revenu fixe comme les fonds qui investissent dans des obligations)
    3. Je veux obtenir un revenu et qu’il soit possible de faire fructifier mes placements. (Équilibré Un fonds équilibré ou un portefeuille composé d’au moins 40 % de placements à revenu fixe et d’au plus 60 % de fonds d’actions répondra à cet objectif)
    4. Je veux que mes placements génèrent une croissance à long terme. (Croissance – Un portefeuille ayant une proportion relativement élevée de fonds qui investissent dans des actions répondra à cet objectif si votre horizon de placement est long et que vous êtes désireux et en mesure de prendre plus de risques)

Propension au risque (questions 4 à 9) : Votre situation financière dont vos actifs, vos dettes ainsi que le montant et la stabilité de votre revenu sont tous importants pour déterminer le niveau de risque que vous pouvez prendre à l’égard de vos placements. En outre, plus la part du montant total de vos actifs que vous investissez est élevée, plus vous devriez être prudent avec cette portion de votre portefeuille.

  1. Quel est votre revenu annuel (toutes sources confondues) ?
    1. Moins de 25 000 $ (0 point)
    2. 25 000 $ à 49 999 $ (2 points)
    3. 50 000 $ à 74 999 $ (4 points)
    4. 75 000 $ à 99 999 $ (5 points)
    5. 100 000 $ à 199 999 $ (7 points)
    6. 200 000 $ ou plus (10 points)
  2. Vos sources de revenus actuelles et futures sont :
    1. Stables (8 points)
    2. Relativement stables (4 points)
    3. Instables (1 point)
  3. Comment décririez-vous votre situation financière générale ?
    1. Aucune épargne et des dettes importantes (0 point)
    2. Un peu d’épargne et de nombreuses dettes (2 points)
    3. Certaines épargnes et quelques dettes (5 points)
    4. Certaines épargnes et peu ou pas de dettes (7 points)
    5. Des épargnes importantes et peu ou pas de dettes (10 points)
  4. À combien estimez-vous votre valeur nette (placements, espèces, maison et autres biens immobiliers, moins les prêts hypothécaires et toutes les autres dettes) ?
    1. Moins de 50 000 $ (0 point)
    2. 50 000 $ à 99 999 $ (2 points)
    3. 100 000 $ à 249 999 $ (4 points)
    4. 250 000 $ à 499 999 $ (6 points)
    5. 500 000 $ à 999 999 $ (8 points)
    6. 1 000 000 $ ou plus (10 points)
  5. Quel pourcentage environ du montant total de vos épargnes et de vos placements représente ce compte de placement ? (ce montant comprend tout l’argent que vous avez sous forme d’épargnes en espèces, de CPG, d’obligations d’épargne, de fonds communs de placement, d’actions et d’obligations)
    1. Moins de 25 % (10 points)
    2. 25 % à 50 % (5 points)
    3. 51 % à 75 % (4 points)
    4. Plus de 75 % (2 points)
  6. Dans quel groupe d’âge vous situez-vous ? (Votre âge est un élément important à prendre en considération lorsque vous bâtissez un portefeuille de placement. Les jeunes investisseurs pourraient avoir des portefeuilles qui sont surtout investis dans des actions afin de maximiser la croissance éventuelle si leur tolérance au risque est élevée et que leur horizon temporel de placement est long. Les investisseurs à la retraite ou qui approchent de la retraite supportent souvent moins bien les pertes et pourraient avoir des portefeuilles investis dans le but de maximiser le revenu et la préservation du capital)
    1. Moins de 35 ans (20 points)
    2. 35 à 54 ans (8 points)
    3. 55 à 64 ans (3 points)
    4. 65 ans ou plus (1 point)

Votre pointage pour les questions 4 à 9 __________

Attitude face au risque (questions 10 à 15) : Votre degré de tolérance au risque est important pour déterminer si vous devriez investir avec prudence ou audace. En général, vous devez penser à prendre plus de risques pour obtenir un rendement plus élevé. Si vous décidez de rechercher ce rendement potentiellement plus élevé, vous risquez de subir des pertes plus lourdes.

  1. Quand vous prenez des décisions financières et de placement, vous êtes :
    1. Très prudent et vous essayez de réduire les risques et d’éviter la possibilité de subir des pertes (0 point)
    2. Prudent, mais disposé à accepter un risque minime (4 points)
    3. Disposé à accepter un niveau de risque modéré et à tolérer des pertes pour obtenir un rendement potentiellement plus élevé (6 points)
    4. Audacieux, vous prenez habituellement des risques considérables et êtes prêt à tolérer des pertes importantes pour la possibilité d’obtenir un rendement plus élevé (10 points)
  2. La valeur d’un portefeuille de placement fluctuera généralement à la hausse et à la baisse au fil du temps. En supposant que vous avez investi 10 000 $, dans quelle mesure pouvez-vous tolérer une baisse de votre portefeuille de placement au cours d’une période de 12 mois ?
    1. Je ne peux tolérer aucune perte (0 point)
    2. -300 $ (-3 %) (3 points)
    3. -1 000 $ (-10 %) (6 points)
    4. -2 000 $ (-20 %) (8 points)
    5. Plus de -2 000 $ (plus de -20 %) (10 points)
  3. Quand vous devez prendre une décision financière importante, êtes-vous plus préoccupé par les pertes possibles ou par les gains possibles ?
    1. Toujours les pertes possibles (0 point)
    2. Habituellement les pertes possibles (3 points)
    3. Habituellement les gains possibles (6 points)
    4. Toujours les gains possibles (10 points)
  4. Le graphique ci-dessous illustre la perte la plus élevée sur un an et le gain le plus élevé sur un an pour quatre placements différents de 10 000 $. Compte tenu du gain ou de la perte potentiel au cours d’une année, vous investiriez probablement votre argent dans lequel des placements suivants :
    1. SOIT une perte de 0 $ OU un gain de 200 $ (0 point)
    2. SOIT une perte 200 $ OU un gain de 500 $ (3 points)
    3. SOIT une perte de 800 $ OU un gain de 1 200 $ (6 points)
    4. SOIT une perte 2 000 $ OU un gain de 2 500 $ (10 points)

Fourchette des résultats possibles sur 1 an

  1. De septembre 2008 à novembre 2008, les marchés boursiers nord-américains ont perdu plus de 30 %. Si vous déteniez actuellement un placement qui a perdu 30 % de sa valeur en 3 mois, vous :
    1. Vendriez le reste du placement pour éviter des pertes supplémentaires (0 point)
    2. Vendriez une portion du placement qui reste pour protéger une partie de votre capital (3 points)
    3. Conserveriez votre placement et ne vendriez aucune portion de celui-ci dans l’espoir d’obtenir un rendement futur plus élevé (5 points)
    4. Investiriez davantage dans ce placement maintenant que les prix sont plus bas (10 points)
  2. Les placements offrant un rendement élevé comportent généralement des risques élevés. Les graphiques ci-dessous illustrent le rendement annuel hypothétique (gains et pertes annuels) de quatre portefeuilles de placement différents sur une période 10 ans. En gardant à l’esprit que le rendement fluctue, lequel des portefeuilles de placement suivants seriez-vous le plus à l’aise de détenir ?
    1. Portefeuille A (0 point)
    2. Portefeuille B (4 points)
    3. Portefeuille C (6 points)
    4. Portefeuille D (10 points)

Portefeuille A

Portefeuille B

Portefeuille C

Portefeuille D

Votre pointage pour les questions 10 à 15 __________

Dans le tableau ci-dessous, veuillez encercler vos réponses aux questions sur l’horizon de placement, la connaissance des placements et les objectifs de placement ainsi que votre pointage total pour les questions sur la propension au risque et l’attitude face au risque.

Votre profil d’investisseur est déterminé par le cercle qui se trouve dans la colonne la plus à gauche du tableau.

 

1

2

3

4

5

Horizon de placement (question 1)

i

ii

 

iii, iv

v

Connaissance des placements (question 2)

 

 

i

ii

iii

Objectifs de placement (question 3)

i

ii

iii

 

iv

Propension au risque (total des questions 4 à 9)

 

<15

15-25

26-40

>40

Attitude face au risque (total des questions 10 à 15)

<20

20-24

25-30

31-45

>45

Profils de l’investisseur et répartitions de l’actif modèles

  1. Très prudent
    Votre tolérance au risque est très faible et vous ne tolérez aucune perte de placement ou votre horizon temporel de placement est très court. Vous préférez savoir que votre capital est en sécurité et êtes disposé à accepter un rendement plus faible pour le protéger.

Répartition de l’actif

!00% Marché

  1. Revenu prudent
    Votre tolérance est faible pour le risque et la perte éventuelle du capital ou votre horizon temporel de placement est court. Vous êtes prêt à accepter que votre portefeuille de placement subisse certaines fluctuations à court terme et des pertes faibles en contrepartie d’un rendement modeste. Le principal objectif de votre portefeuille de placement sera d’obtenir un revenu tiré principalement de fonds qui investissent dans des titres à revenu fixe. Bien que la plus-value du capital ne soit pas une priorité, une petite portion du portefeuille peut être investie dans des fonds d’actions qui offrent des possibilités de croissance afin de compenser l’effet de l’inflation.

Répartition de l’actif

75% Revenu fixe

  1. Équilibré
    Votre tolérance est modérée pour le risque et la perte de capital. Vous êtes prêt à tolérer quelques fluctuations du rendement de votre placement et des pertes modérées de capital. Votre horizon temporel de placement est au moins à moyen terme. L’objectif de votre portefeuille sera d’obtenir une combinaison de revenu et de croissance du capital à long terme et, par conséquent, le portefeuille comprendra au moins 40 % de placements à revenu fixe.

Répartition de l’actif

60% Actions

  1. Croissance
    Votre tolérance est élevée pour le risque et la perte de capital. Vous êtes prêt à tolérer de grandes fluctuations du rendement de votre placement et des pertes modérées ou substantielles du capital en contrepartie d’une plus-value du capital à long terme éventuelle. Vous n’avez aucune exigence de revenu importante à l’égard de vos placements. Votre horizon temporel de placement est au moins à moyen terme.

Répartition de l’actif

80% Actions

  1. Croissance dynamique
    Votre tolérance est très élevée pour les risques, la volatilité du portefeuille et les pertes de placement. Vous êtes prêt à tolérer des fluctuations de prix possiblement soutenues ou importantes et une perte considérable du capital. Vous possédez de solides connaissances des placements. Vous n’avez aucune exigence de revenu à l’égard de vos placements et votre horizon temporel de placement est long.

Répartition de l’actif

100% Actions

Exemples illustratifs

Dans le tableau ci-dessous, veuillez encercler vos réponses aux questions sur l’horizon de placement, la connaissance des placements et les objectifs de placement ainsi que votre pointage total pour les questions sur la propension au risque et l’attitude face au risque.

Votre profil d’investisseur est déterminé par le cercle qui se trouve dans la colonne la plus à gauche du tableau.

Premier exemple

 

1
Sécurité

2
Revenu
prudent

3
Équilibré

4
Croissance

5
Croissance
dynamique

Horizon de placement (question 1)

i

ii

 

iii, iv

v

Connaissance des placements (question 2)

 

 

i

ii

iii

Objectifs de placement (question 3)

i

ii

iii

 

iv

Propension au risque (total des questions 4 à 9)

 

<15

15-25

26-40

>40

Attitude face au risque (total des questions 10 à 15)

<20

20-24

25-30

31-45

>45

 

Dans cet exemple, même si le client est disposé à prendre des risques, sa propension au risque (capacité à supporter les pertes) est très limitée. La propension au risque du client est l’élément le plus contraignant, ce qui donne profil Revenu prudent.

 

Deuxième exemple

 

1

Safety

2

Conservative
Income

3

Balanced

4

Growth

5

Aggressive
Growth

Horizon de placement (question 1)

i

ii

 

iii, iv

v

Connaissance des placements (question 2)

 

 

i

ii

iii

Objectifs de placement (question 3)

i

ii

iii

 

iv

Propension au risque (total des questions 4 à 9)

 

<15

15-25

26-40

>40

Attitude face au risque (total des questions 10 à 15)

>20

20-24

25-30

31-45

<45

 

Dans cet exemple, le client possède des ressources financières importantes, mais il n’est pas prêt à prendre des risques avec ses placements. L’attitude face au risque du client est l’élément le plus contraignant, ce qui donne un profil Sécurité.

 

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